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LES MOTS "JUSTES"

 
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Chevaljak
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MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 10:45 (2012)    Sujet du message: LES MOTS "JUSTES" Répondre en citant


Jacques CHEVALIER

 

LES MOTS « JUSTES » 

 

Préambule.

 

Ces mots qu’on ne comprend pas mais qui restent ancrés erronément dans la mémoire comme autant de grains de sable grippant peu à peu la machine de la réflexion.

 

Ce sont ces mots qui ont marqué mon enfance, mon adolescence et mes plus jeunes années d’homme et que je veux aujourd’hui les citer et dire comment ils m’ont fait évoluer en bien ou en mal, combien, même si certains paraissent futiles, ils ont influencé ou influencent encore ma vie.

 

Je ne les ai pas classés dans un ordre quelconque, alphabétique ou chronologique, seulement peut-être un peu visibles sur la ligne de mon temps, la majorité du temps de l’enfance et de l’adolescence, moins durant ma vie d’homme connaissant de plus en plus de mots dans des acceptions acceptables. Vola donc un florilège un peu spécial où, involontairement sans doute, apparaîtra au détour des cheminements un peu de mon existence, un pan de mon vécu.

 

 

Savez-vous ce qu’est un « bordon », non ce n’est pas un insecte liégeois, c’est un bâton au sucre acidulé à sucer, on en vendant dans ma jeunesse de très bons à la rhubarbe de la marque « Solus ». Celui aux fraises collait aux dents et faisait de grosses taches sur les vêtements que seul parvenait à « ravoir » le savon « sulnich » (version liégeoise de Sunlight).

Un « bordon » c’était une grande « chique » qui durait longtemps, à la différence des « chiques » qu’on appelle « bonbons » en Brabant Wallon et en France je crois. Il ne fallait pas confondre un « bordon » et un bâton de réglisse, une chique et un jujube.

Les jujubes on les achetait au poids à la pharmacie et ils étaient conditionnés dans des petits sachets en papier, à ne pas confondre avec les « pic-fort » qui avaient sensiblement le même goût mais qui se trouvaient compartimentés dans des petites boites rondes en métal doré qu’on achetait à la librairie de la gare.

Je vous parle, bien entendu, d’un temps que les moins de trente à quarante ans ne peuvent pas connaître.

Chez nous à Liège les bonbons c’était ce qu’on appelle en Brabant Wallon : des biscuits. Et les « gougouilles », c’était les couques du Brabant ou encore les « viennoiseries » terme généraliste venant d’on ne sait où, aussi tristounet que d’appeler une friture, baraque à frites de chez nous, une « friterie » comme il y a des boucheries, boulangeries, pâtisseries…

On parlait cependant de biscuits pour les « betterfood » ces plaques peu sucrées qu’on écrasait avec de la banane et du jus d’orange pour faire la panade des bébés, comme – servis seuls – ils n’étaient pas très bons on les appelait aussi « biscuits de chiens » et quand j’était môme je croyais qu’ils étaient confectionnés à base de chien haché et cela me dégoutait rien qu’à les voir, quand le sachet restait trop longtemps ouvert, pris par l’humidité, ils sentaient le chien mouillé ce qui achevait de confirmer mes soupçons quant à la composition de ces fameux biscuits.

 

J’ai eu la « chance » d’apprendre très jeune à lire et à écrire, en entrant à l’école primaire je connaissais déjà tout ce qu’on enseignait, trop d’ailleurs ce qui m’inclina à ne pas accompagner mes condisciples dans le cheminement normal de l’étude, quelques années plus tard je le payais en redoublant plusieurs années, toujours décramponné par rapport aux autres et complexé par cette infériorité…

Sachant lire donc je découvrais les mots et j’en demandais la signification à mes parents qui ne savaient pas toujours me répondre et qui inventaient ou bien m’engueulaient car certains mots ne pouvaient pas être dits par un enfant, ce qu’on appelait alors des « laids mots ».

 

Un jour au Parc de la Boverie qui se trouvait non loin de chez moi, sur un banc je vis gravé par une main experte au canif une phrase très étonnante et mystérieuse aussi, je la lisais ainsi « Je jacule sur la société », rentré à la maison je demandais de suite à ma mère la signification et sa réponse fut une gifle bien sentie sur la joue et l’interdiction définitive de prononcer ce laid mot.

Je me disais bien que ce verbe « jaculer » devait être quelque chose de fort et durant plusieurs années je le cherchais au hasard des dictionnaires et autres encyclopédies de la bibliothèque communale que je fréquentais chaque samedi après-midi pour « fouttre la paix à mes parents qui avaient bien d’autres choses à faire… ».

Il m’a fallu attendre mes douze ou treize ans pour enfin savoir que quand je me  branlais et que surgissais ce jus blanchâtre et collant de ma « quéquette » bien grosse… j’éjaculais.

Tout d’un coup ce verbe « jaculer » perdait son sens révolutionnaire,  « jaculer sur la société » n’était plus un acte héroïque des grands révolutionnaires mais une erreur de lecture pour un mot décrivant une projection gluante et puante que je cachais, honteux, dans vieil essuie de vaisselle entre le matelas et le sommier de mon lit chaque soir.

 

Quand j’entends aujourd’hui, en 2012, les jeunes dire cent fois par jour – pour tout et pour rien – « putain » voire « p’tain » et que la seule fois de ma jeunesse où j’ai dit ce mot, parlant de ma prof de Français qui mettait des mini-jupes si courtes qu’on voyait son slip en dentelles noires en dessous, mot utilisé par mes condisciples, j’ai ramassé une « torgnole » comme on disait chez nous « à retourner la tête à l’envers ! »

 

Voila, visiteurs de ce livre, le ton est donné, libre à vous de poursuivre sa lecture ou de le mettre au feu !

_________________
"Même ce qui est vrai est faux"
Père Alfred - Liège - 1964


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